Retard de 3 heures ou plus à l'arrivée ? La compagnie aérienne vous doit entre 250 et 600 € par passager, quel que soit le prix de votre billet.
C'est le règlement européen CE261, en vigueur depuis 2005, qui couvre tous les vols au départ d'un aéroport français (ou de n'importe quel aéroport de l'UE). La plupart des passagers éligibles ne réclament jamais rien.
Les compagnies aériennes tablent sur l'abandon. Pourtant, 72 % des demandes correctement soumises aboutissent à un paiement. La grande majorité des passagers ne touche rien pour une seule raison : ils n'ont jamais réclamé.
— Anton Radchenko, expert en droits des passagers aériens et CEO d'AirAdvisor.
Points clés
- Retard de 3 h ou plus à l'arrivée : 250 €, 400 € ou 600 € par passager selon la distance
- Couvre les vols au départ de l'UE (métropole et Outre-mer) et les vols vers l'UE opérés par une compagnie européenne
- Paris - La Réunion, Antilles ou Guyane : 400 € maximum, car ce sont des vols intra-UE
- Repas et boissons dès 2 h, 3 h ou 4 h d'attente selon la distance du vol
- Dès 5 h de retard : vous pouvez renoncer au vol et obtenir le remboursement de votre billet
- Délai pour réclamer en France : 5 ans. Depuis le 7 février 2026, la médiation est obligatoire avant d'aller au tribunal

Quand avez-vous droit à une indemnisation pour retard de vol ?
Le règlement européen vous ouvre droit à une indemnisation forfaitaire dès lors que :
- Vous arrivez à destination avec 3 heures de retard ou plus
- Votre vol part d'un aéroport de l'UE (Paris CDG, Orly, Nice, Lyon, Pointe-à-Pitre, Saint-Denis de La Réunion…), quelle que soit la compagnie, ou il arrive dans l'UE et il est opéré par une compagnie européenne (Air France, Transavia, Corsair, Vueling…)
- Le retard n'est pas dû à des circonstances extraordinaires
C'est l'heure d'arrivée réelle à destination qui compte, pas l'heure de départ. Un vol qui décolle avec 4 heures de retard mais arrive avec 2 h 50 de retard n'ouvre pas droit à indemnisation. L'heure retenue est celle de l'ouverture des portes de l'avion, pas celle de l'atterrissage : quelques minutes de roulage peuvent vous faire passer au-dessus des 3 heures.
La compagnie peut refuser de vous indemniser si elle prouve que le retard est dû à des circonstances extraordinaires (météo extrême, décision du contrôle aérien ou incident de sécurité imprévu). Une panne technique, une grève interne ou un vol surbooké ne comptent pas comme telles. Si la compagnie invoque l'une de ces raisons pour rejeter votre demande, ça vaut quand même la peine de contester.
La mauvaise météo est-elle toujours une circonstance extraordinaire ?
Non. Une météo légèrement défavorable ou un orage saisonnier ne suffit pas. Pour être valable, la condition météo doit être exceptionnelle, imprévisible et spécifique à l'aéroport concerné ce jour-là.
Quels vols sont couverts au départ et à destination de la France ?
Ce qui compte, c'est l'aéroport de départ et, pour les vols qui arrivent dans l'UE, la nationalité de la compagnie. Quelques cas fréquents :
| Trajet | Compagnie | Couvert par CE 261 ? | Montant pour 3 h ou plus |
| Paris → New York | Delta (américaine) | Oui, départ de l'UE | 300 à 600 € |
| New York → Paris | Delta | Non, compagnie hors UE | 0 € |
| New York → Paris | Air France | Oui, compagnie européenne | 300 à 600 € |
| Paris → Saint-Denis (La Réunion) | Toute compagnie | Oui, vol intra-UE | 400 € |
| Pointe-à-Pitre → Paris | Toute compagnie | Oui, départ de l'UE | 400 € |
| Paris → Moroni (Comores) | Toute compagnie | Oui, départ de l'UE | 300 à 600 € |
| Marrakech → Paris | Royal Air Maroc | Non, compagnie hors UE | 0 € |
| Marrakech → Paris | Transavia | Oui, compagnie européenne | 400 € |
| Genève → Paris | Toute compagnie | Oui, la Suisse applique le règlement | 250 € |
| Londres → Paris | British Airways | Non, c'est le UK261 qui s'applique | 220 £ |
ⓘ Vols de plus de 3 500 km entre l'UE et un pays tiers : 300 € si le retard à l'arrivée est compris entre 3 et 4 heures, 600 € à partir de 4 heures.
Quel est le montant de l’indemnisation ?
Le montant dépend de la distance du vol, pas du prix du billet :
Vols vers l'Outre-mer : pourquoi 400 € et pas 600 € ?
La Réunion, la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane, Mayotte et Saint-Martin font partie de l'Union européenne. Un Paris - Saint-Denis de La Réunion fait 9 350 km, mais c'est un vol intra-UE : le règlement plafonne alors l'indemnisation à 400 € (article 7). Les 600 € ne concernent que les vols de plus de 3 500 km entre l'UE et un pays tiers. La Polynésie française et la Nouvelle-Calédonie ne font pas partie de l'UE : pour ces vols, c'est bien 600 €.
À partir de combien d'heures de retard a-t-on droit à une indemnisation ?
Retard d’une heure : avez-vous droit à quelque chose ?
Un retard d'une heure ne donne pas droit à une indemnisation. Notez quand même l'heure exacte de départ, gardez votre carte d'embarquement et photographiez les écrans d'affichage. Si l'attente se prolonge, ces éléments vous serviront. Selon la distance du vol, la prise en charge commence à 2, 3 ou 4 heures d'attente. L'indemnisation commence à 3 heures de retard à l'arrivée.
Vol retardé de 2 heures : quelle prise en charge à l'aéroport ?
À partir de 2 heures de retard au départ sur un vol de moins de 1 500 km (3 heures pour un vol de 1 500 à 3 500 km ou un vol intra-UE de plus de 1 500 km, 4 heures au-delà), la compagnie aérienne doit vous fournir :
- Des repas et des boissons adaptés à la durée d’attente
- Deux communications gratuites (téléphone, e-mail ou fax)
- Un hébergement hôtelier + transferts si le vol est reporté au lendemain
Beaucoup de passagers ignorent qu’ils peuvent exiger ces prestations dès ce seuil, soit 2 heures seulement sur un vol court. N’attendez pas qu’on vous les propose : demandez-les explicitement au comptoir de la compagnie. L’indemnisation financière (250–600 €) commence, elle, à partir de 3 heures de retard à destination.
Retard de 3 heures : le seuil important
Dès 3 heures de retard à destination, vous avez droit à une indemnisation. Ce qui compte, c'est l'heure d'arrivée réelle et pas l'heure de décollage. Un vol peut partir avec 3 ou 4 heures de retard, rattraper du temps en route et arriver avec seulement 2 h de retard. Dans ce cas, pas d'indemnisation possible.
Exemples :
- Paris CDG - Barcelone (850 km, 3 h de retard) : 250 € par personne
- Paris Orly - Agadir (2 300 km, 3 h de retard) : 400 € par personne
- Paris Orly - Saint-Denis de La Réunion (9 350 km, 3 h de retard) : 400 € par personne
- Paris CDG - New York JFK (5 800 km) : 300 € pour un retard entre 3 et 4 h, 600 € à partir de 4 h
Mon vol retardé m'a fait rater une correspondance. Suis-je indemnisable ?
Si la correspondance était sur la même réservation, oui. On retient le retard à votre destination finale et la distance à vol d’oiseau entre votre aéroport de départ et cette destination, pas celle du premier vol. C’est souvent le scénario le plus favorable financièrement.
Retard de 4 heures et plus
Un retard de 4 heures ouvre les mêmes droits qu'à 3 heures (entre 250 et 600 € par passager), avec une différence pour les vols de plus de 3 500 km entre l'UE et un pays tiers : l'indemnisation passe de 300 € à 600 € dès 4 heures de retard à l'arrivée. À partir de 5 heures, vous pouvez en plus refuser le vol et obtenir le remboursement intégral ou demander un vol retour si vous êtes déjà en transit.
Si votre vol est reporté au lendemain, la compagnie doit couvrir l'hôtel, les transferts et les repas. Gardez chaque justificatif. C'est remboursable en plus de l'indemnisation.
Que faire à l’aéroport quand votre vol est retardé ?
Voici les étapes à suivre :
Comment faire une demande d’indemnisation pour vol retardé ?
- Rassemblez vos documents : carte d’embarquement, confirmation de réservation, preuve du retard
- Envoyez une réclamation écrite à la compagnie, par son formulaire en ligne ou par courrier. Citez le règlement CE 261/2004 et le montant réclamé. Vous pouvez partir de notre modèle de lettre de réclamation.
- Attendez la réponse : sans réponse satisfaisante sous 2 mois, vous pouvez passer à l’étape suivante
- En cas de refus ou d’absence de réponse : saisissez le Médiateur Tourisme et Voyage. Depuis le 7 février 2026, cette médiation est obligatoire avant toute action en justice (décret n° 2025-772).
- Si la médiation échoue : tribunal judiciaire ou service spécialisé
J'ai réservé chez Air France, le vol a été opéré par Transavia. Auprès de qui réclamer ?
Auprès du transporteur effectif, celui qui a réellement opéré le vol. Ce qui compte, c’est le nom sur votre carte d'embarquement, pas la compagnie chez qui vous avez acheté le billet.
Puis-je réclamer pour un vol qui date de plus d'un an ?
Oui. En France, le délai de prescription est de 5 ans à compter de la date du vol. Tant que vous avez votre carte d'embarquement et votre confirmation de réservation, votre dossier est recevable.
Que faire si la compagnie aérienne refuse votre demande ?
Un refus ne veut pas dire que c'est fini. Les compagnies comptent sur le fait que la plupart des passagers abandonnent au premier non. Vos options :
| Étape | Action |
| Relance écrite | Répondez en citant le règlement CE 261/2004. Demandez la preuve des circonstances extraordinaires invoquées : bulletin météo, décision du contrôle aérien, rapport technique. |
| Médiateur Tourisme et Voyage | Gratuit. Saisine en ligne après une réclamation écrite restée sans réponse satisfaisante pendant 2 mois. Obligatoire avant d'aller au tribunal depuis le 7 février 2026. |
| Direction générale de l'aviation civile (DGAC) | Signalement officiel. La DGAC peut sanctionner la compagnie, mais elle ne vous verse pas l'indemnisation. |
| Service spécialisé comme AirAdvisor | AirAdvisor prend en charge le recours sans frais à avancer : vous ne payez qu'en cas de succès. |
| Tribunal judiciaire | En dernier recours, après la médiation. Assignation par un commissaire de justice. |
La compagnie m'a proposé un bon d'achat. Suis-je obligé(e) de l'accepter ?
Non. Le règlement CE 261/2004 prévoit une indemnisation en espèces. Vous pouvez accepter un bon uniquement si son montant est au moins équivalent et que vous y consentez librement par écrit. En cas de doute, refusez et demandez le versement en argent.
Retard de vol : votre carte bancaire peut-elle couvrir vos frais ?
Certaines cartes haut de gamme (Visa Premier, Gold Mastercard, Visa Infinite…) incluent une garantie « retard d'avion », à condition d'avoir payé le billet avec la carte. Elle rembourse en général les frais engagés pendant l'attente (repas, hôtel, achats de première nécessité) au-delà d'un certain retard, souvent 4 heures, dans la limite d'un plafond.
Cette garantie rembourse des frais. Elle ne remplace pas l'indemnisation CE 261, que la compagnie vous doit de toute façon. Les seuils et plafonds varient selon les banques : vérifiez la notice de votre carte.







