Indemnisation pour vol retardé : Combien pouvez-vous obtenir et comment réclamer ?
Retard de 3 heures ou plus à l'arrivée ? La compagnie aérienne vous doit entre 250 et 600 € par passager, quel que soit le prix de votre billet.
C'est le règlement européen CE261, en vigueur depuis 2004, qui couvre tous les vols au départ d'un aéroport français (ou de n'importe quel aéroport de l'UE). La plupart des passagers éligibles ne réclament jamais rien.
Les compagnies aériennes tablent sur l'abandon. Pourtant, 72 % des demandes correctement soumises aboutissent à un paiement. La grande majorité des passagers ne touche rien pour une seule raison : ils n'ont jamais réclamé.
— Anton Radchenko, expert en droits des passagers aériens et CEO d'AirAdvisor.
Points clés
- Retard de 3 h ou plus à destination : vous avez droit à 250, 400 ou 600 € par passager (CE 261/2004)
- S’applique à tous les vols au départ de France + compagnies européennes vers la France
- En France, le délai de prescription est de 5 ans à compter de la date du vol
- Dès 2 h de retard : repas et boissons obligatoirement pris en charge par la compagnie
- Dès 5 h de retard : vous pouvez refuser le vol et obtenir le remboursement intégral de votre billet
- Depuis le 7 février 2026 : médiation préalable obligatoire avant tout recours judiciaire en France

Quand avez-vous droit à une indemnisation pour retard de vol ?
Le règlement européen vous ouvre droit à une indemnisation forfaitaire dès lors que :
- Votre retard à destination est de 3 heures ou plus
- Votre vol part d’un aéroport situé dans l’Union européenne (Paris CDG, Orly, Nice, Lyon, Marseille, Bordeaux…) quelle que soit la compagnie aérienne
- Votre vol est opéré par une compagnie européenne (Air France, Transavia, easyJet, Vueling…) au départ d’un pays tiers vers l’Europe
C’est l’heure d’arrivée réelle à destination qui compte et non l’heure de départ. Un vol qui décolle avec 4 heures de retard mais qui récupère du temps en route et arrive avec seulement 2 h 50 de retard n’ouvre pas droit à indemnisation.
La compagnie peut refuser de vous indemniser si elle prouve que le retard est dû à des circonstances extraordinaires (météo extrême, décision du contrôle aérien ou incident de sécurité imprévu). Une panne technique, une grève interne ou un vol surbooké ne comptent pas comme telles. Si la compagnie invoque l'une de ces raisons pour rejeter votre demande, ça vaut quand même la peine de contester.
La mauvaise météo est-elle toujours une circonstance extraordinaire ?
Non. Une météo légèrement défavorable ou un orage saisonnier ne suffit pas. Pour être valable, la condition météo doit être exceptionnelle, imprévisible et spécifique à l'aéroport concerné ce jour-là.
Quel est le montant de l’indemnisation ?
Le montant est fixé par la réglementation et dépend uniquement de la distance du vol :

Si la compagnie vous propose un vol de remplacement arrivant dans un délai raisonnable, l’indemnisation peut être réduite de 50 %.
À partir de combien d'heures de retard a-t-on droit à une indemnisation ?

Retard d’une heure : avez-vous droit à quelque chose ?
Un retard d'une heure ne donne pas droit à une indemnisation. Mais notez l'heure exacte de départ, gardez votre carte d'embarquement, photographiez les panneaux. Si l'attente se prolonge, ces éléments seront utiles. À partir de 2 heures, la compagnie doit vous prendre en charge. À 3 heures, vous pouvez réclamer de l'argent.
Vol retardé de 2 heures : quels droits ?
À partir de 2 heures de retard, la compagnie aérienne doit vous fournir :
- Des repas et des boissons adaptés à la durée d’attente
- Deux communications gratuites (téléphone, e-mail ou fax)
- Un hébergement hôtelier + transferts si le vol est reporté au lendemain
Beaucoup de passagers ignorent qu’ils peuvent exiger ces prestations dès 2 heures. N’attendez pas qu’on vous les propose : demandez-les explicitement au comptoir de la compagnie. L’indemnisation financière (250–600 €) commence, elle, à partir de 3 heures de retard à destination.
Retard de 3 heures : le seuil important
Dès 3 heures de retard à destination, vous avez droit à une indemnisation. Ce qui compte, c'est l'heure d'arrivée réelle et pas l'heure de décollage. Un vol peut partir avec 3 ou 4 heures de retard, rattraper du temps en route et arriver avec seulement 2h de retard. Dans ce cas, pas d'indemnisation possible.
Exemples :
- Paris CDG → Barcelone (1 000 km, retard 3 h) → 250 € par personne
- Paris ORY → Agadir (2 300 km, retard 3 h) → 400 € par personne
- Paris CDG → New York JFK (5 800 km, retard 3 h) → 600 € par personne
Mon vol retardé m'a fait rater une correspondance. Suis-je indemnisable ?
Si la correspondance était sur la même réservation, oui. L'indemnisation est calculée sur la distance totale jusqu'à votre destination finale et sur le retard à cette destination, pas sur le premier tronçon. C'est souvent le scénario le plus favorable financièrement.
Retard de 4 heures et plus
Un retard de 4 heures ouvre les mêmes droits qu'à 3 heures (entre 250 et 600 € par passager). À partir de 5 heures, vous pouvez en plus refuser le vol et obtenir le remboursement intégral ou demander un vol retour si vous êtes déjà en transit.
Si votre vol est reporté au lendemain, la compagnie doit couvrir l'hôtel, les transferts et les repas. Gardez chaque justificatif. C'est remboursable en plus de l'indemnisation.
Que faire à l’aéroport quand votre vol est retardé ?
Voici les étapes à suivre :

Comment faire une demande d’indemnisation pour vol retardé ?
- Rassemblez vos documents : carte d’embarquement, confirmation de réservation, preuve du retard
- Adressez une demande écrite à la compagnie en mentionnant le règlement CE 261/2004 et le montant réclamé
- Attendez la réponse : la compagnie dispose généralement de 30 jours pour répondre
- En cas de refus ou d’absence de réponse : saisissez le Médiateur du Tourisme et du Voyage
- Si la médiation échoue : tribunal judiciaire ou service spécialisé
J'ai réservé chez Air France, le vol a été opéré par Transavia. Auprès de qui réclamer ?
Auprès du transporteur effectif. Celui qui a réellement opéré le vol. Ce qui compte c’est le nom sur votre carte d'embarquement, pas la compagnie chez qui vous avez acheté le billet.
Puis-je réclamer pour un vol qui date de plus d'un an ?
Oui. En France, le délai de prescription est de 5 ans à compter de la date du vol. Tant que vous avez votre carte d'embarquement et votre confirmation de réservation, votre dossier est recevable.
Que faire si la compagnie aérienne refuse votre demande ?
Un refus ne veut pas dire que c'est terminé. Les compagnies aériennes comptent sur le fait que la majorité des passagers abandonnent à la première résistance. Vos options sont les suivantes :
Etape | Action |
Escalade interne | Réécrivez en citant le règlement CE 261/2004 et la jurisprudence applicable. |
Médiateur du tourisme et du voyage | Médiateur du Tourisme et du Voyage — Gratuit. La compagnie est obligée d'y répondre. Obligatoire uniquement si vous envisagez ensuite un recours judiciaire (depuis le 7 février 2026). |
Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC) | Signalement officiel auprès de la Direction Générale de l'Aviation Civile. |
Service spécialisé comme AirAdvisor | AirAdvisor prend en charge le recours sans frais préalables — vous ne payez qu'en cas de succès. |
Tribunal judiciaire | En dernier ressort uniquement, si les étapes précédentes ont échoué. |
La compagnie m'a proposé un bon d'achat. Suis-je obligé(e) de l'accepter ?
Non. CE 261/2004 prévoit une indemnisation en espèces. Vous pouvez accepter un bon uniquement si son montant est au moins équivalent et que vous y consentez librement par écrit. En cas de doute, refusez et demandez le versement en argent.
Cas réel AirAdvisor : 600 € obtenus (malgré l'argument météo)
| RETARD DE VOL | Delta Air Lines | Paris CDG → Boston | Mai 2024 | |
Situation | Vol Paris CDG → Boston Logan. Retard important. La compagnie ne propose aucune alternative ni assistance. |
Argument de Delta | Conditions météorologiques invoquées comme circonstances extraordinaires. |
Ce qu'AirAdvisor a prouvé | Gestion du retard défaillante à CDG. Le seuil CE 261 était dépassé, sans circonstance valablement prouvée. |
Résultat | 600 € obtenus malgré l'argument météo, malgré le refus initial. |
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