Retard dû à la météo : la compagnie peut-elle vraiment refuser de vous indemniser ?
La météo est souvent invoquée pour refuser une indemnisation, mais ce n'est pas toujours justifié. Si la compagnie aurait pu anticiper ou gérer la perturbation, vous pouvez avoir droit jusqu'à 600 € en vertu du règlement CE 261/2004.
Toutes les perturbations météo ne sont pas des circonstances extraordinaires. Comprendre la différence peut changer l'issue de votre demande.
Un vol perturbé ? Vous pourriez avoir droit à une indemnisation - jusqu'à 600 €Vérifiez votre vol
Les idées reçues sur la météo et l'indemnisation
Les avions modernes sont conçus et construits pour résister à des conditions météorologiques défavorables. Le contrôle du trafic aérien et les pilotes sont formés pour gérer en toute sécurité la plupart des événements météorologiques, et les aéroports disposent généralement d'équipements adaptés — en particulier dans les régions où ces conditions sont fréquentes.
Les circonstances extraordinaires sont des événements qui ne pouvaient pas être évités ou prévenus. La neige à Paris ou le brouillard à Marseille peuvent poser des problèmes, mais les aéroports, les compagnies aériennes et les pilotes s'y attendent et sont généralement capables d'en gérer les conséquences.
Alors oui, la météo peut être considérée comme une circonstance extraordinaire, mais examinons cela de plus près.
Mon vol a été annulé pour cause de météo : ai-je droit à une indemnisation ?
Pas automatiquement. Une annulation due à la météo peut être refusée d'indemnisation si la compagnie prouve qu'il s'agissait d'une circonstance extraordinaire qu'elle ne pouvait ni prévoir ni éviter. En revanche, si d'autres compagnies opéraient normalement ce jour-là, ou si la perturbation était prévisible (une tempête annoncée 48h à l'avance, par exemple), la compagnie peut difficilement invoquer l'imprévisibilité. Dans ce cas, vous pouvez avoir droit jusqu'à 600 € d'indemnisation.
Les conditions météorologiques et leur impact sur la sécurité des vols
Les tempêtes, la neige, le brouillard, le vent et toutes les autres conditions météorologiques se présentent sous différentes formes et intensités, rendant les réponses et jugements simplistes quasiment impossibles. Voici quelques événements météorologiques auxquels les compagnies aériennes doivent faire face régulièrement.

Orages
Les orages peuvent représenter un danger en raison du cisaillement du vent, de la grêle et du givrage, mais tous les orages ne sont pas identiques. Dans certains cas, lorsqu'un orage est trop intense, les opérations de vol doivent être suspendues ou ajustées pour respecter les exigences de sécurité imposées par les autorités aéronautiques, comme la DGAC en France. Toutefois, les orages étant courants, les compagnies aériennes s'efforcent de les anticiper autant que possible.
Ce que font les compagnies aériennes pour minimiser les retards et annulations liés aux orages
- Créent une marge de sécurité dans leur planification des horaires pour compenser le temps perdu
- Utilisent les outils de prévision météorologique les plus avancés pour élaborer les plans de vol les plus sûrs
- Travaillent en étroite collaboration avec le contrôle du trafic aérien, qui priorise les décollages et atterrissages pour optimiser la sécurité et minimiser les congestions
- Utilisent des logiciels avancés pour répartir les équipages et autres ressources afin d'aider à gérer les arrivées tardives et éviter ou minimiser les retards en chaîne
Neige et verglas
La neige et le verglas peuvent rendre les pistes dangereuses et provoquer la formation de glace sur les appareils. La gestion des conditions hivernales est partagée entre la compagnie aérienne et l'aéroport. Les aéroports situés dans des climats froids sont généralement préparés, mais lorsqu'une tempête frappe un aéroport qui n'y est pas habitué, des retards ou annulations peuvent survenir.
Les compagnies aériennes sont responsables du dégivrage des avions, mais pas des pistes. Si un retard est causé par un manque de liquide de dégivrage, cela relève généralement de la responsabilité de la compagnie, notamment là où la neige et la glace sont fréquentes.

Brouillard
Grâce à des systèmes de navigation sophistiqués, les avions peuvent traverser un brouillard épais en toute sécurité, mais les phases de décollage et d'atterrissage sont problématiques. Même avec un éclairage adéquat, la visibilité des pistes peut être complètement masquée par un brouillard trop dense, et les options des compagnies aériennes pour résoudre ce problème sont limitées.
Lorsque le brouillard réduit la visibilité à moins de 2 000 pieds, les aéroports mettent en place des procédures de faible visibilité (LVP). Cela entraîne un ralentissement des opérations aéroportuaires, telles que le ravitaillement, le roulage et la gestion des bagages, et les départs ainsi que les atterrissages reçoivent davantage de temps et d'espace pour éviter des incidents sur la piste. Résultat : de nombreux retards. Mais y a-t-il des solutions pour les compagnies aériennes ?
Ce que les compagnies aériennes peuvent faire pour minimiser les retards liés au brouillard
Certaines régions sont plus sujettes au brouillard que d'autres. Le bassin parisien et la région Île-de-France connaissent des épisodes du brouillard, surtout pendant les matins d'hiver. Cela peut entraîner des perturbations sur les aéroports parisiens, notamment à Roissy-Charles de Gaulle et Orly.
En outre, des études ont révélé que le brouillard peut réduire la visibilité de 50 %, ce qui entraîne une baisse de la capacité des aéroports et augmente le risque de retards et d'annulations de vols.
Cependant, bien que les compagnies aériennes ne puissent pas prévenir l'apparition du brouillard, elles mettent en place des mesures pour minimiser l'impact de ces retards.
Comment les compagnies aériennes se préparent aux conditions de brouillard
Dans les aéroports régulièrement touchés par le brouillard, les compagnies peuvent ajuster leurs horaires pour permettre plus de temps de rotation entre les vols. Elles peuvent également utiliser des avions équipés de systèmes d'atterrissage aux instruments de catégorie III (ILS), ce qui rend les atterrissages en faible visibilité plus gérables. De plus, elles peuvent utiliser des avions plus récents avec des systèmes avioniques et de navigation avancés.
Lorsque les compagnies aériennes utilisent la météo comme excuse
En Europe, les compagnies aériennes sont tenues d'indemniser les passagers pour les perturbations entraînant des retards d'arrivée de 3 heures ou plus. Pour éviter cela, certaines invoquent les conditions météorologiques en les qualifiant de circonstances extraordinaires — même lorsque la perturbation aurait pu être anticipée ou évitée.
La sécurité est une préoccupation légitime, mais avec les outils et procédures dont disposent les compagnies aériennes, il n'est pas toujours justifié d'invoquer la météo pour refuser une indemnisation.
La météo au départ et à l'arrivée sont-elles traitées de la même façon ?
Non. Ce qui compte légalement, c'est le retard à l'arrivée, pas au départ. Un avion peut décoller avec 2h de retard à cause du brouillard et néanmoins arriver à l'heure si le pilote rattrape le temps en vol. Dans ce cas, aucune indemnisation n'est due. À l'inverse, une météo difficile à destination (aéroport enneigé, visibilité réduite) peut entraîner un déroutement ou un retard significatif à l'arrivée, ce qui ouvre potentiellement droit à indemnisation si la compagnie ne peut pas prouver l'imprévisibilité.

Voici ce que vous devez faire si le mauvais temps perturbe votre vol
Si vous subissez un retard ou une annulation, demandez toujours à la compagnie aérienne une explication écrite concernant la cause de la perturbation. Vous ne saurez peut-être pas immédiatement si vous êtes éligible, mais cette preuve écrite sera précieuse pour votre dossier.
Vérifiez également les conditions météorologiques réelles au moment du vol via des applications météo officielles comme Météo-France (meteofrance.com) et prenez des captures d'écran horodatées. Si d'autres compagnies opèrent normalement pendant votre retard, notez-le : cela peut indiquer que la météo n'était pas la cause réelle.
J'ai raté ma correspondance à cause d'un retard météo : que se passe-t-il ?
Cela dépend du type de billet. Si votre correspondance est sur un billet unique (un seul contrat de transport), la compagnie est responsable de vous acheminer à destination, même en cas de météo difficile sur le premier tronçon. Si vous arrivez à destination avec 3h ou plus de retard, vous pouvez réclamer une indemnisation. En revanche, si vous avez acheté deux billets séparés, chaque vol est un contrat indépendant et la compagnie du second vol n'a aucune obligation de vous attendre.
Pour aller plus loin
Quelques ressources supplémentaires pour vous aider à mieux comprendre les compensations en cas de retard de vol :
- Délais de demande de compensation en cas de retard de vol
- Retard de vol en raison de la maintenance de l'avion
- Retard de vol en raison de circonstances extraordinaires
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